Résidence Waverly

par MU Architecture

Résidence Waverly

Architectes : Charles Côté, Jean-Sébastien Herr et Jean-Philippe Bellemare, de MU Architecture, Montréal (site Web).
Entrepreneur : Simon Gareau.
Client : Martin Gareau.
Endroit : Rue Waverly, arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, Montréal.
Superficie : 280 m² (3000 pi²).
Étages : 3 niveaux, incluant le sous-sol.
Matériaux notables : Acier gris (insertions), bois (plancher, plafond, façade arrière) et brique (façades).
Type de projet : Résidentiel unifamilial, rénovation.
Livraison : Juin 2015.

Photographe : Julien Perron-Gagné, Montréal (site Web).

Conçue par l'équipe de MU Architecture, la résidence Waverly est issue de la rénovation en profondeur d'un duplex du quartier Marconi-Alexandra – aussi connu sous le nom de Mile-Ex – de Montréal. Son design combine un extérieur sobre et discret à un intérieur aux espaces généreux et très lumineux.

Le caractère très hétéroclite du quartier, entre autres issu de son passé industriel, offre une grande liberté aux architectes et leur procure une possibilité d'expérimenter peu commune dans la métropole. Ici, les architectes ont choisi de s'insérer à leur environnement en concevant des façades très géométriques, où la brique prédomine mais avec des insertions bien réussies en acier et en bois.

Au centre de la résidence se trouve un grand volume de service de couleur grise autour duquel gravitent les circulations. Servant aussi à occulter la vue sur l'intérieur que donne la porte d'entrée vitrée, ce volume intègre de grandes armoires d'un côté et la cuisine de l'autre. La magnifique cage d'escalier est située au milieu de ce volume et se démarque par l'abondant éclairage naturel que lui procure un large puits de lumière et une élégante fenêtre latérale.

La cuisine, la salle à manger et le salon forment une seule grande pièce à aire ouverte. Au centre de l'espace trône un grand foyer recouvert d'acier, lui conférant une allure monumentale. Le mur arrière est entièrement fenêtré et donne accès à une petite cour privée. Trois chambres à coucher, une salle de bain et une salle de lavage sont aménagées à l'étage, tandis que le sous-sol accueille une salle de jeux.

Description du projet par ses architectes :

La Résidence Waverly, située juste au sud de la rue Jean-Talon dans le quartier Marconi-Alexandra, est le fruit de l’idée de créer un lieu de vie destiné à une clientèle aisée, très moderne, qui se détache de son quartier tout en lui rendant hommage. Marconi-Alexandra est un district enclavé entre le chemin de fer du Canadien Pacifique à l'ouest, La Petite-Italie à l'est, la rue Beaubien au sud et la rue Jean-Talon au nord. Un district mystérieux qui, depuis quelques années, connaît un embourgeoisement notoire.

Le projet a démarré avec un duplex dont la quasi-totalité de la structure fut refaite. À l’ancienne bâtisse, une douzaine de pieds sur deux étages ont été ajoutés à l’arrière. De plus, en excavant le sous-sol, la résidence passa finalement de 1500 à 3000 pi². Sur le même lot, une grande cour orientée au sud-ouest, permet de profiter du soleil.

Une fois le seuil franchi, le hall d’entrée se déploie sur toute la largeur de l’immeuble. Devant soi, un mur de portes. Celles-ci donnent accès, à gauche, à un rangement assez profond pour des poussettes ou équipements de sport et, à droite, à un vestiaire. Aux extrémités, deux couloirs offrent le choix de passer à gauche ou à droite pour accéder au reste de la résidence. Ces rangements font partie d’un grand volume comprenant aussi, vers l’arrière, l’escalier et la cuisine. En fait, l’escalier vient entailler ce volume jusqu’au toit. Un puits de lumière de même dimension que la cage d’escalier permet d’inonder de lumière le centre de la maison. Deux grands cubes dictent ainsi la configuration des espaces.

MU Architecture, fidèle à ses habitudes, désirait concevoir une architecture qui confronte, déstabilise et fascine. Les marches de bois, insérées entre les deux murs parallèles, sans limon, semblent léviter. La ligne d’ombre réalisée par la lumière venant du haut, accentue cet effet. Une grande baie vitrée ferme la large ouverture sur la cuisine, permettant à cette dernière de profiter également de la présence du puits de lumière. Cette même paroi transparente crée l’illusion que le palier de l’escalier est étonnamment le prolongement du comptoir de la cuisine. La pièce de séjour, que le foyer monumental recouvert d’acier brut divise en deux zones, salle à manger d’un côté et salon de l’autre, occupe tout l’arrière, avec une ouverture quasi pleine largeur sur la terrasse aménagée dans la cour. L’ensemble des pièces du rez-de-chaussée bénéficie d’un éclairage généreux mais discret, permettant d’accentuer l’effet théâtral des lieux.

L’étage est divisé de façon à offrir trois chambres à coucher. Deux d’entre elles disposées au-dessus de l’entrée, côté rue, et une autre, destinée aux maîtres, à l’arrière donnant sur la terrasse. Une salle de bain complète profite également de la lumière dispensée par un autre puits de lumière. Enfin, pour un confort optimal, la salle de lavage se trouve aussi à l’étage des chambres. Il reste suffisamment d’espace sur le palier pour envisager l’installation d’un bureau et ou d’une bibliothèque. Le sous-sol abrite les équipements mécaniques et le rangement saisonnier mais également une grande salle de jeux dissimulée tout au bout dans la nouvelle partie excavée.

La résidence Waverly est une réalisation conforme aux exigences d’une famille vivant en milieu urbain. Les caractéristiques de ses façades reprennent les spécificités architecturales de son environnement mi-résidentiel, mi-industriel. La marquise de l’entrée est constituée d’un panneau d’acier dont la partie supérieure aurait été relevée. La partie inférieure de ce même panneau, déployée, aurait formé les marches. Les cadres d’acier noir des fenêtres de la façade accentuent l’impression de découpe des ouvertures. Les alignements en façade, à peine perceptibles, laissent transparaître la rigueur dans la conception. Même si les volumes sont nettement définis, les surfaces sont animées sans être chaotiques. Le revêtement de briques choisi pour les façades s’inspire de celles qui ont été traditionnellement utilisées pour les immeubles industriels du secteur. Cependant, les variations de brillance de ce matériau en particulier animent les surfaces qui auraient autrement été trop uniformes et fades. L’usage d’acier peint gris, à droite de l’entrée permet d’adoucir et d’équilibrer l’agressivité du noir volontairement en contraste avec le rose des briques.

Cette résidence préfigure ainsi les réalisations futures envisagées dans ce quartier, en relation avec les développements imminents de l’ancienne gare de triage et des nouvelles constructions en cours sur la rue Jean-Talon. 

Source : MU Architecture / v2com.

 
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