Refuge des Hauteurs

par Natalie Dionne Architecture

Refuge des Hauteurs

Architectes : Natalie Dionne, chargée de projet, avec l'aide de Martin Laneuville et Claude Lafrance, collaborateurs à la conception et réalisation; de Natalie Dionne Architecture, Montréal (site Web).
Ébéniste : Yves Metzger, Sainte-Agathe-des-Monts (site Web).
Entrepreneur : Construction Trival, Val-David.
Structure : Art Massif structure de bois, Saint-Jean-Port-Joli (site Web).
Clients : Caroline Leblond et François Thériault.
Endroit : Chemin des Hauteurs, Mont-Tremblant, Laurentides.
Superficie : 320 m² (3500 pi²) – 240 m² (2600 pi²) d'espaces habitables et 80 m² (900 pi²) d'espaces de service et garage.
Étages : 1 niveau hors sol et 1 niveau dans le sol.
Programme : Résidence unifamiliale avec trois chambres à coucher, deux salles de bain, et une salle familiale supplémentaire.
Matériaux notables : Béton (socle), bois (structure et parement) et couleur noire.
Type de projet : Résidentiel unifamilial.
Livraison : 2014.

Photographe : Raphaël Thibodeau, Montréal (site Web).

C'est une maison au profil bas et aux formes pures qui se glisse élégamment dans le paysage de Mont-Tremblant. Natalie Dionne Architecture signe le design du Refuge des Hauteurs, résidence unifamiliale à l'impressionnant porte-à-faux qui, malgré sa superbe structure de bois laissée apparente, réussit à évoquer un paradoxal sentiment de légèreté.

Le bâtiment est organisé en deux volumes distincts. Un socle de béton encastré dans la pente sert de fondation et regroupe les pièces de rangement et de travail : garage, établi, local technique, petits bureaux. Sur ce niveau est déposé un second volume perpendiculaire au premier. Pourvu d'une abondante lumière naturelle et de remarquables vues sur la forêt, il est entièrement consacré aux espaces de vie et aux chambres à coucher, conférant ainsi à ses résidents une qualité de vie unique.

De la jonction de ces deux volumes émerge toute une série de sous-espaces extérieurs profitant chacun d'un micro-climat différent, résultat de son orientation. Deux terrasses de dimensions différentes jouxtent ainsi la maison, tandis qu'un potager est aménagé au-dessus du garage, isolant davantage sa toiture (et profitant probablement de la chaleur qui s'en échappe).

Description du projet par ses architectes :

Le REFUGE DES HAUTEURS est situé au cœur de la forêt de Mont-Tremblant dans les Laurentides. Cette maison attire les regards sur le chemin des Hauteurs car elle semble défier les lois de la gravité par de petits exploits structuraux. D’un côté, un volume en surplomb du terrain en pente semble suspendu au-dessus du sol. De l’autre côté, la structure de bois de la toiture, projetée en porte-à-faux à l’extérieur, flotte au-dessus de notre tête telle une canopée. Au quotidien, on y vit quelques sensations vertigineuses et plus près de la forêt.

Le terrain a un dénivelé de neuf mètres et la maison y est sise en travers de la pente. Ainsi perché dans la forêt, le volume noir, long de vingt et un mètre, se projette dans le vide sur une longueur de neuf mètres et s’ancre au roc dans le terrain en pente sur une longueur de douze mètres. Des tranchées verticales scindent le volume noir et permettent de voir la forêt au travers, autant de l’intérieur que de l’extérieur. Lorsqu’on déambule près des fenêtres, on a une impression de vertige en percevant le sol quatre mètre plus bas. On s’y sent comme dans une cabane dans l’arbre.

La complexité structurale de ce petit bâtiment réside aussi dans l’enfouissement de son socle dans la pente du terrain. Enchâssé dans le roc sur 3 côtés, le socle de béton loge un garage, une salle familiale et un atelier. Le défi était de dissimuler le garage dans le paysage. Il a donc été conçu tel une coque en béton qui se laissera envahir par la végétation au fil du temps. La composition technique de la toiture rigoureusement étudiée et son orientation planifiée favorablement à l’ensoleillement ont rendu ce toit végétalisé propice à une culture luxuriante. L’été suivant la complétion des travaux, les propriétaires ont aménagé la toiture en y installant un potager et des plantes autochtones. Ce jardin, en perpétuelle transformation, est attenant à l’entrée de la maison, transigeant aussi les conventions.

Les études volumétriques et les études d’implantation de ce petit bâtiment résidentiel ont fait l’objet de plusieurs essais dans notre atelier. L’esquisse retenue a été la plus complexe structuralement, celle qui ravissait les propriétaires, répondait à leur programme architectural, et lançait à notre équipe d’architecture un défi stimulant. Le budget était restreint, pour ce jeune couple audacieux au début de la trentaine, un ingénieur et une médecin. Nous avons relevé le défi en toute complicité.

Source : Natalie Dionne Architecture.

 
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