Planétarium Rio Tinto Alcan

par Cardin Ramirez Julien et Ædifica

La Ville de Montréal a dévoilé vendredi dernier le 21 novembre les trois projets retenus dans le cadre du concours d'architecture d'Espace pour la vie. Ces projets d'envergure réalisés à temps pour le 375e anniversaire de la ville ont pour objectif « de faire de Montréal un porte-étendard du mouvement planétaire en faveur de la biodiversité. »

En guise de prélude, Architecture du Québec présente aujourd'hui le Planétarium Rio Tinto Alcan, réalisé en 2013. Suivront :

  • Demain le 25 novembre : la Métamorphose de l'Insectarium, par Kuehn Malvezzi (Berlin), Pelletier De Fontenay (Paris) et Jodoin Lamarre Pratte architectes (Montréal);
  • Samedi le 29 novembre : la Migration du Biodôme, par AZPML (Londres), Kanva architecture (Montréal) et NEUF architect(e)s (Montréal);
  • Lundi le 1er décembre : le Pavillon de verre au Jardin botanique, par Lacaton & Vassal (Paris), Frédéric Druot (Paris), et FABG (Montréal).

Les pressés peuvent déjà aller jeter un coup d'œil aux planches de présentation des projets sur le site Montréal, ville UNESCO de design.

Planétarium Rio Tinto Alcan

Architectes : Cardin Ramirez Julien, Montréal (site Web), en consortium avec Ædifica, Montréal (site Web).
Architectes de paysage : Fauteux et associés, Montréal (site Web).
Scénographie et multimédia : Go Multimedia, Montréal (site Web).
Ingénieurs civils et en structure : SNC Lavalin, Montréal (site Web).
Ingénieurs électromécaniques : Dupras Ledoux Ingénieurs, Montréal (site Web).
Consultante en code du bâtiment : Sylvie Destroismaisons, Montréal.
Consultants en enveloppe du bâtiment : Patenaude Trempe, Varennes (site Web).
Accessibilité universelle : Société Logique, Montréal (site Web).
Consultants LEED : Exp, Montréal (site Web).
Entrepreneur : Groupe Décarel, Montréal (site Web).
Client : Espace pour la vie, Montréal (site Web).
Endroit : 4801, avenue Pierre-De Coubertin, arrondissement Mercier–Hochelaga-MaisonneuveMontréal.
Superficie : 7528 m².
Étages : 3 niveaux, incluant le sous-sol.
Capacité : 196 places assises dans le théâtre astronomique et à peu près la même capacité dans le théâtre multimédia (aucune place assise).
Distinctions : Lauréat d'un Prix du mérite 2009 décerné par Canadian Architect, lauréat de Prix d'excellence 2012 décernés par l'Institut canadien de construction en acier dans les catégories « Bâtiments verts » et « Commerciaux – Institutionnels », lauréat du Prix d'excellence 2013 décerné par la Société des musées québécois, lauréat d'un Trophée Innovation et Développement durable Contech dans la catégorie « Pratiques novatrices » et lauréat d'un Prix de bronze au Asia Pacific International Design Awards for Elite.
Matériaux notables : Acier (structure), aluminium (parement), béton (structure existante) et bois (parement).
Certification : LEED NC Platine.
Type de projet : Institutionnel.
Coût des travaux : 48 millions $ (19 % par le fédéral, 20 % par le provincial, 54 % par le municipal, 7 % par Rio Tinto Alcan).
Année : 2013.

Source : v2com.

Terminé en 2013, le Planétarium Rio Tinto Alcan est installé sur la dalle de béton du parc olympique. Vestige d'une autre époque, cette dalle abrite un garage de stationnement, des entrepôts et des couloirs permettant aux employés de circuler entre les installations.

Le concept retenu par les architectes de Cardin Ramirez Julien, en consortium avec Ædifica, tire avantageusement profit de sa présence. Choisi à l'issue d'un concours international d'architecture, il prévoit créer une topographie avec une toiture végétalisée, de façon à simuler une dalle brisée en-dessous de laquelle viendrait se glisser l'édifice.

En sous-sol se trouvent les zones d'accueil pour groupes scolaires, des salles polyvalentes, ainsi que des espaces techniques et de service. Le rez-de-chaussée, construit directement sur la dalle, est donc libéré pour accueillir les fonctions plus nobles que sont l'accueil public, le foyer, les espaces d'exposition et les deux théâtres. Ainsi fait, le planétarium est véritablement plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur, une expérience appropriée pour des spectateurs qui s'apprêtent à vivre un voyage dans les étoiles.

Le profil bas du bâtiment permet aux deux cônes recouverts de bardage d'aluminium d'être bien mis en valeur et d'agir efficacement comme éléments phare du projet. Chacun abrite un théâtre astronomique de 196 places. L'espace intérieur qui se trouve entre le cône et la sphère de chaque théâtre permet de créer des effets de vent qui servent à ventiler naturellement l'édifice, réduisant d'autant sa charge énergétique.

Description du projet par ses architectes, émise par communiqué de presse le 28 avril 2014 :

Nouvelle institution phare de Montréal, le Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal fait suite à la tenue d’un concours international remporté par le consortium Cardin Ramirez Julien + Ædifica. La proposition lauréate s’est distinguée devant une soixantaine de candidatures par la qualité et la créativité du concept développé.

Le site choisi pour implanter le Planétarium Rio Tinto Alcan est unique en raison de son paysage urbain, marqué par des témoins importants de l’histoire québécoise tels que le stade olympique et le Biodôme. Le nouveau planétarium s’insère en toute humilité dans cet environnement particulier et préserve les dégagements visuels nécessaires à la mise en valeur de l’architecture existante tout en ajoutant une touche de verdure dans un secteur autrement très minéral. 

Un rendez-vous avec le ciel

Le projet offre un contact privilégié avec la nature par les vues développées vers le ciel, sur la nouvelle végétation et sur le nouveau sol dévoilé. Ce rendez-vous avec la nature est d’autant plus important puisque bien souvent, la première rencontre consciente avec le ciel nocturne est vécue à l’écart des centres urbains, au cœur de la nature, en forêt à l’orée d’une clairière ou sur le bord d’un lac. Partout, plus le regard se pose sur la voûte céleste, plus la découverte de points lumineux nous subjugue. Il était donc primordial pour nous de lier l’expérience du ciel à la rencontre de la nature.

Un des objectifs du projet est de favoriser l’appropriation du site par ses usagers, en offrant des environnements extérieurs variés et à l’échelle humaine. La manipulation topographique de la dalle olympique crée un nouveau paysage accessible au public. La dalle est morcelée et réorientée pour conférer aux espaces publics, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, une nouvelle fluidité et permettre les déplacements entre les différents niveaux. Une constellation d’îlots de verdure complète l’aménagement du site.

La présence de deux immenses cônes tronqués pointant vers le ciel distinguent le planétarium et lui donne une identité forte qui lui permet d’être facilement reconnaissable et repérable sur le site du Parc olympique et parmi les différentes structures voisines.

Fonctionnellement, le planétarium est séparé en trois niveaux : le premier est dédié aux groupes, en lien avec le Biodôme et les espaces de mécanique, le deuxième (rez-de-chaussée) est destiné aux espaces publics et aux deux théâtres des étoiles, tandis que le troisième est réservé à l’administration. 

Les théâtres

Les deux cônes tronqués renferment les deux théâtres des étoiles dotés des technologies de pointe les plus évoluées en matière d’équipement de scène. Chacune de ces demi-sphères est unique en son genre et permet de diffuser des spectacles dans un contexte d’immersion totale.  Elles sont en quelque sorte les réceptacles idéaux pour présenter la voûte céleste. En effet, les concepteurs ont innové au niveau des types de salle de spectacle. Afin d’obtenir une expérience plus immersive, la demi-sphère du théâtre multimédia (sans siège fixe), le théâtre du Chaos, a été prolongée vers le bas. Tous les éléments ont été intégrés dans un caisson architectural qui fournit les seules surfaces absorbantes de la salle. Pour le théâtre astronomique (avec bancs fixes), le théâtre de la voie Lactée, le plancher central est rehaussé de 50 centimètres. La ligne d’horizon est ainsi abaissée et «disparaît». 

Le bois occupe également une place importante dans le projet. Il nous fait revivre cette expérience en pleine nature où l’on découvre pour la première fois, sous la voute des arbres, un ciel foisonnant d’étoiles. Le bois qui habille la sphère du théâtre astronomique – un point d’intérêt marquant à l’intérieur qui crée au passage des voies de circulation courbées, comme en nature – expriment cette poésie, tout en rappelant simultanément la surface de planètes comme Saturne et Jupiter.

Construction novatrice

Le Planétarium Rio Tinto Alcan fait appel au savoir-faire et au génie créateur d’architectes, d’ingénieurs et d’entrepreneurs arrimés aux développements technologiques de pointe, qui partagent un intérêt marqué pour des constructions favorisant les énergies renouvelables et le développement durable. Le Planétarium Rio Tinto Alcan vise une certification LEED NC Platine.

Le toit vert accessible évoque notamment ce désir : les visiteurs peuvent profiter de cette zone végétale et découvrir un point de vue différent sur l’environnement immédiat, comme on le ferait avec un élément en relief de la nature!

Dès l’arrivée par l’entrée principale, les visiteurs remarquent la quantité de lumière naturelle. Plus ils se rapprochent du théâtre, plus la lumière diminue, ainsi l’œil s’adapte à la pénombre et éventuellement à la noirceur requise pour le spectacle.

La ventilation et la qualité de l’air ambiants reflètent également l’approche d’un bâtiment mieux adapté à l’expérience humaine. Par effet de cheminée, une ventilation naturelle hybride réduit les besoins en climatisation tout en augmentant la qualité de l’air intérieur, alors que des fenêtres et volets motorisés sont activés par un système centralisé lorsque les conditions extérieures le permettent, une façon éco-énergétique de faire entrer l’air frais, sans être obligé de recourir aux systèmes mécaniques. Cette astuce permet aussi de purger l’air durant la nuit.

Biographie de Cardin Ramirez Julien, émise par communiqué de presse le 28 avril 2014 :

Cardin Ramirez Julien, a été fondée en 1991 par Pierre Cardin et Oscar Ramirez. Jean-François Julien s'est joint à la firme, en tant qu'architecte associé, en 2003. Cardin Ramirez Julien se spécialise dans la conception architecturale de projets de toute envergure portant sur l'aménagement, la construction et la rénovation d'immeubles patrimoniaux ou contemporains. À travers une pratique innovante et créative, Cardin Ramirez Julien s’est engagée à collaborer, imaginer et réaliser des projets qui repoussent les limites traditionnelles de la pratique architecturale. De plus, la firme a une grande préoccupation face à l'environnement et elle s'applique, depuis plusieurs années, à concevoir des « propositions écologiques » afin que chacun des projets se réalise dans une perspective de développement durable. Parmi ses réalisations les plus marquantes on compte le nouveau siège social de l’Association de la construction du Québec (en consortium avec Proulx et Savard), le Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont, le Consulat Suisse de Montréal. et le nouveau café en économie sociale du Stade Olympique de Montréal.

Biographie de Ædifica, émise par communiqué de presse le 28 avril 2014 :

Ædifica est une agence d'architecture, de design et d'ingénierie qui compte aujourd'hui plus de 170 collaborateurs au Canada, aux Etats-Unis et en Haïti. Nos services en conception intégrés couvrent les domaines de l’architecture, des environnements de travail, de l’aménagement commercial, de l’ingénierie et du développement durable. Notre pratique s'articule autour d'une approche intégrée, multidisciplinaire et évolutive conjuguant conception et réalisation. Parmi les réalisations de la firme, on compte la Maison symphonique de Montréal (en consortium avec Diamond & Schmitt), L’Espace danse - Édifice Wilder (en consortium avec Lapointe Magne), Le 2-22 (en consortium avec Gilles Huot Architecte) et le Salon urbain de la Place des arts (en consortium avec Sid Lee Architecture).

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