Pavillon d'accueil de la Seigneurie des Aulnaies

par Anne Carrier architecture

Pavillon d'accueil de la Seigneurie des Aulnaies

Architectes : Anne Carrier architecture, Lévis (site Web).
Toit vert : Bleu blanc vert, Lac-Beauport (site Web).
Archéologues : Ruralys, La Pocatière (site Web).
Ingénieurs en structure : Douglas Consultants, Québec (site Web).
Ingénieurs électromécaniques : Méconair, Québec (site Web).
Entrepreneur : Construction Citadelle, Québec (site Web).
Client : Corporation touristique de la Seigneurie des Aulnaies, Saint-Roch-des-Aulnaies.
Endroit : 525, route de la Seigneurie, Saint-Roch-des-Aulnaies, Chaudière-Appalaches.
Superficie : 150 m² (1600 pi²).
Étage : Un niveau.
Programme : Pavillon d'accueil et d'information, avec débarcadère, boutique muséale, services et bloc sanitaire.
Distinctions : Finaliste aux Prix d'excellence en architecture 2015, catégorie « Bâtiments institutionnels publics », décernés par l'Ordre des architectes du Québec, et aux Prix d’Action patrimoine 2015 dans la catégorie « Projet remarquable ».
Matériaux notables : Acier (structure), bois, pierre et verre.
Protections : Construit dans l'aire de protection du Domaine seigneurial des Aulnaies, délimitée par le gouvernement du Québec en 1975. Le manoir a été classé immeuble patrimonial par Québec en 1965, le moulin banal en 1977.
Type de projet : Institutionnel culturel.
Coût du projet : 1,2 million $ (financé à 90 % par le provincial, avec l'aide de la municipalité, de la MRC, du Centre local de développement, de la Seigneurie des Aulnaies, de la Caisse Desjardins locale et de Transat A. T.).
Inauguration : 2014.

Photographe : Stéphane Groleau, Québec (site Web).

Une réalisation d'Anne Carrier architecture, le nouveau pavillon de la Seigneurie des Aulnaies sert d'accueil pour ce centre d'interprétation sur le régime seigneurial. L'équipe a choisi de concevoir un bâtiment qui fait profil bas et qui s'intègre au paysage sans faire ombrage aux bâtiments historiques de ce riche site patrimonial.

Cette nouvelle construction, unie par une longue toiture végétalisée, est en fait constituée de deux volumes séparés par un passage extérieur. Le premier émerge du sol et, plus fermé, abrite les services et les sanitaires, tandis que le second, vitré, sert d'accueil et de boutique muséale. Une marquise s'avance à son extrémité pour créer un espace à la fois protégé et ouvert sur le paysage. Des prestations extérieures pourront s'y produire lors d'événements spéciaux.

Les architectes souhaitaient que le pavillon ait une architecture qui soit complémentaire à celle du complexe seigneurial. Le choix a donc été fait de reprendre les matériaux des immeubles patrimoniaux (pierre, bois, végétation), mais de les utiliser plutôt dans un édifice à la facture résolument contemporaine. Profitant du relief, ils ont inséré le bâtiment dans la pente, donnant ainsi l'impression qu'il émerge du sol. Sa toiture végétalisée le rend d'autant plus discret.

Le contraste entre des matériaux à l'apparence plus légère (verre, bois, acier) et d'autres à l'apparence plus lourde (pierre, terre) a été utilisé pour dynamiser et orienter le bâtiment. La pavillon pointe son nez dans la direction du manoir et du moulin banal, le cœur du domaine seigneurial et point central de la visite. Emprunter le passage transversal séparant les deux volumes du pavillon permet aussi aux visiteurs de découvrir d'autres perspectives sur le site.

La domaine seigneurial des Aulnaies est un complexe de trois bâtiments (le manoir, la moulin banal et la maison du meunier) érigés au milieu du XIXe siècle pour la famille Dionne, alors seigneurs de Saint-Roch-des-Aulnaies. Ils témoignent de la fin du régime seigneurial au Québec et constituent l'un des rares noyaux seigneuriaux encore debout au pays.

Description du projet par ses architectes :

Le site de la Seigneurie des Aulnaies est classé patrimoine culturel du Québec. Il est délimité au nord par la route de la Seigneurie (route 132), à l’est par la rue Pierre-de-Saint-Pierre, au sud par l’autoroute Jean-Lesage (A-20) et à l’ouest par la rivière Le Bras. Le secteur déterminé pour implanter le nouveau pavillon d’accueil se situe au sud du moulin banal entre la rue Pierre-de-St-Pierre, en bordure de la rivière Le Bras. Le site offre une vue surplombant le plan d’eau, le barrage, le boisé et les nombreux ponts de bois qui marquent le paysage.

Ces éléments, ainsi que l’histoire du lieu constituent la source d’inspiration du projet. Le nouveau bâtiment, par son architecture ne veut ni concurrencer ni imiter les bâtiments existants, mais plutôt être le complément de ceux-ci. Les gestes posés ont pour objectifs la mise en scène du paysage et des vues, l’intensification du lien avec le boisé, la rivière, les vues et la création d’un parcours prolongeant l’intervention à travers le site.

Le plan d’aménagement du site proposé se développe selon une approche à la fois paysagère et historique. Possédant des monuments ayant une valeur historique et patrimoniale le site de la Seigneurie des Aulnaies cache une multitude de richesses marquant le passage du temps. L’approche développée vise à redonner ces parcelles du paysage d’antan à chacun des bâtiments présents sur le site pour ainsi redéfinir leurs cours et allées principales. Les marqueurs du site (ponts de bois, barrage, sentier) traversent le site perpendiculairement et dessinent des zones thématiques qui deviennent des places publiques aménagées pour accueillir les visiteurs. Dès son arrivée, la voiture sera dirigée au stationnement existant, (portion sud, en bordure de l’A-20) qui fera l’objet d’un réaménagement dans une prochaine phase, à noter que des stationnements de proximité ont été planifiés en bordure de la rue Pierre-de-Saint-Pierre et de la maison du meunier). Par la suite, le visiteur sera invité à prendre le sentier piéton qui le conduira jusqu’au pavillon d’accueil.

Le pavillon d'accueil

L’approche Land Art utilisée pour la conception du nouveau bâtiment a été inspirée par les éléments naturels du site.

La pierre constitue la première source d’inspiration du projet. Elle se retrouve sur le site sous différentes formes; comme mur de soutènement pour les talus, empilée au bord de la rivière ou façonnée pour le parement du moulin. Ce matériau naturel et brut se matérialise dans le présent projet sous forme de mur de gabions. Cette méthode domestiquée met en place les pierres demeurant à l’état naturel et s’intégrant davantage au paysage.

La toiture végétale matérialise l’idée de soulèvement d’une des strates du site et accentue la notion d’architecture du paysage (Land Art) jusqu’au point où elle brouille les références à un bâtiment. Le pavillon-paysage tire profit de la dénivellation du site (environ 1,5 m entre le moulin et la partie est du site) pour lier le projet à son site, pour diminuer son impact visuel sur le site et faciliter l’accessibilité universelle au pavillon d’accueil.

Le projet se développe longitudinalement sous cette toiture qui devient l’accueil au site et accompagnera le visiteur pour découvrir les installations de la Seigneurie. En plus d’être une porte d’entrée, le pavillon permettra de faire un contrôle et de guider les visiteurs pour découvrir le site du moulin et du manoir. Un premier volume émerge du sol pour abriter les services (toilettes, espaces techniques) et un second volume vitré s’ouvre sur le paysage et cadre en temps réel le moulin banal et l’activité qui s’y déroule. La séparation des deux volumes et leur implantation ouvrent la vue sur le paysage, côté rivière. Côté rue, le mur de gabions accompagne le piéton et le guide vers l’entrée du pavillon qui est signifiée par un élément de protection qui s’avance. Une plaque s’élève du bâtiment-paysage pour ouvrir la perspective sur le moulin banal et permet la création d’un plateau protégé et ensoleillé pour les activités et la contemplation. Cet élément de protection est orienté pour guider le visiteur vers la passerelle de bois qui mène au site du manoir.

L’intégration du pavillon d’accueil dans le paysage est appuyée par l’utilisation judicieuse du bois et par la finesse des éléments structuraux. Une structure en acier de poutres et poteaux est utilisée pour dégager de grandes portées libres et offrir de larges ouvertures sur le paysage. Ce voile de bois laissé apparent constitue les plafonds pour l’ensemble des espaces. Ainsi, la structure se fait discrète et s’efface pour laisser toute la place au décor somptueux du site.

Extrêmement sensible à la richesse du milieu naturel environnant, le projet tend à minimiser l’impact écologique et visuel de la nouvelle structure : sa toiture végétalisée apporte intimité au côté de la rue; le mur de gabions interprète la matérialité multiple de la pierre sur le site; et le lien créé entre le pavillon et les marqueurs de site accentue la vue exceptionnelle sur la région tout en tissant une structure cohérente.

Source : Anne Carrier architecture.

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