Palais de justice de Montmagny

par CCM2 architectes, Groupe A et Roy-Jacques Architectes

Palais de justice de Montmagny

Architectes : CCM2 architectes, Québec (site Web), Groupe A, Québec (site Web), et Roy-Jacques Architectes, Saint-Georges.
Architecte original : Frederick Preston Rubidge, du département des Travaux publics du Canada-Uni – 1862.
Collaborateurs pour l'éclairage : LumiGroup, Montréal (site Web).
Ingénieurs civils et en structure : CIMA+, Laval (site Web).
Ingénieurs électromécaniques : Dessau, Montréal (site Web).
Entrepreneur général : Décarel, Montréal (site Web).
Entrepreneur électrique : Ernest Boutin, Lévis (site Web).
Client : Société québécoise des infrastructures, Québec (site Web).
Endroit : 110, av, Jacques-Cartier, Montmagny, Chaudière-Appalaches.
Superficie : 4360 m² (47 000 pi²), dont 3410 m² (36 700 pi²) d'agrandissement.
Étages : 3 niveaux.
Programme : Trois nouvelles salles d'audience, une salle de conciliation, des locaux d'entrevues, des aires d'attente et des espaces à bureaux.
Distinction : Finaliste aux Prix d'excellence en architecture 2015, catégorie « Bâtiments institutionnels publics », décernés par l'Ordre des architectes du Québec.
Matériaux notables : Béton (structure),  bois (structure) et couleur blanche.
Certification : LEED NC Or.
Type de projet : Institutionnel.
Coût des travaux : 24 millions $.
Année : 2014.

Sources : CCM2 architectes et v2com.

Célèbre pour avoir été le siège du procès de Jaques Mesrine en 1971, le Palais de justice de Montmagny a été rénové et agrandi selon les plans des architectes de CCM2 architectes, Groupe A et Roy-Jacques Architectes. Les façades historiques ont été conservées, désamiantées et curetées pour leur redonner leur lustre d'antan, tandis que l'organisation intérieure a été entièrement repensée. Les espaces sont plus sécuritaires et mieux adaptés au fonctionnement moderne d'un palais de justice.

Les circulations représentent toujours un défi particulier pour les palais de justice. La ségrégation entre le personnel judiciaire et la population – qui doit être maintenue à travers toutes les installations – crée souvent un dédale dans lequel il est difficile de se retrouver. Pour pallier à ce problème, les architectes, en collaboration avec LumiGroup, ont ici choisi de marquer le parcours vers les salles d'audience d'une ligne lumineuse, qui guide les visiteurs jusqu'à leur destination.

Dans les salles d'audience et au comptoir de greffe, les concepteurs ont aussi utilisé la lumière pour créer une barrière psychologique entre le public et la magistrature, suggérant ainsi l'espace réservé à chacun.

Le district judiciaire de Montmagny dessert une population de 71 000 citoyens.

Description du projet par ses architectes :

Ce projet de rénovation, d'agrandissement et de réaménagement consiste à conserver un bâtiment patrimonial existant de 950 m² érigé en 1865 et d'y ajouter 3410 m² supplémentaires pour un total de 4360 m². L'agrandissement comprend trois nouvelles salles d'audience ainsi que de nouveaux espaces pour l'aménagement de tous les services et bureaux essentiels au bon fonctionnement d'un palais de justice du XXIe siècle.

D'une architecture contemporaine sobre, l'agrandissement est conçu pour mettre en valeur l'aspect patrimonial du Palais. Le nouveau Palais sera le seul à offrir l'ensemble des services du district judiciaire de Montmagny. Pour répondre à des critères de fonctionnement complexe, un processus de design intégré a été mis sur pied afin d'assurer l’implication du client et de tous les professionnels tout au long du développement du projet.

La conception du bâtiment tient compte des critères écologiques élevés d’une certification LEED-NC de niveau Or. Les professionnels accrédités LEED ont assuré l’intégration de stratégies durables dites « low-tech » pour respecter le budget. Ceux-ci ont guidé les concepteurs lors de la conception du palais et accompagné le client dans l’application des exigences LEED-NC dans l’édifice.

Description du projet par ses concepteurs lumière :

Dans un bâtiment où règne en maître la rigueur et la rectitude, les gestes architecturaux sont vifs et tranchants. La ligne tantôt physique, tantôt imaginaire trace la frontière entre espaces publics et espaces privés, entre ancien et contemporain. L’éclairage, mis en scène par les architectes en collaboration avec LumiGroup, détient ici un rôle de premier plan dans la matérialisation du concept architectural.

Dès l’entrée, le plafond est marqué par une ligne lumineuse fluorescente guidant l’usager vers un escalier monumental, symbole identitaire des grandes institutions publiques dans l’architecture classique, ici traité avec modernité et fantaisie, brisant momentanément la régularité de l’espace. La coquille extérieure de l’élément sculptural, fait de frêne teint noir, contraste avec le blanc immaculé des marches de quartz et des parois intérieures laquées, magnifiées par un éclairage aux DEL dissimulées dans la partie haute du garde-corps.

En poursuivant notre ascension vers l’étage supérieur qui abrite les salles d’attente, de rencontres et d’audience, la ligne lumineuse refait son apparition en un zigzag vertical suspendu, terminant sa course sous le vaste toit cathédrale tel un mouvement insolite figé dans le temps, offrant une certaine légèreté dans cet univers rationnel.

Puis la lumière reprend son rôle signalétique dans la salle des pas perdus, où l’ambiance est rappelée à l’ordre. L’éclairage linéaire ininterrompu, suspendu au plafond, longe le vaste vestibule, tandis que des bandes verticales lumineuses encastrées bornent notre parcours et rythment l’espace. L’éclairage des salles d’audience du palais de justice, étant des lieux très hiérarchisés, joue ici un rôle très important de barrière psychologique et délimite l’espace public de l’espace réservé à la magistrature. Ce concept de frontière lumineuse est également repris au comptoir du greffe.

En plus de répondre à des besoins très spécifiques, fonctionnels, signalétiques et sécuritaires en matière d’éclairage, les architectes et l’équipe de LumiGroup ont su soutirer le potentiel créatif de la lumière et ainsi apporter au palais de justice de Montmagny une nouvelle énergie résolument contemporaine.

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