Musée d'art de Joliette

par Les architectes FABG

Musée d'art de Joliette

Architectes : Éric Gauthier, architecte chargé de projet, avec l'aide de Marc-Antoine Frédette, Giselle Bouron, et Anna Kreplak, des Architectes FABG, Montréal (site Web).
Architecte original (1976) : Wilfrid Corbeil, Joliette.
Scénographes : Go Multimédia, Montréal (site Web)
Ingénieurs en structure : WSP Global, Montréal (site Web)
Ingénieurs mécanique/électrique : AECOM, Montréal (site Web), et Tetra Tech, Montréal (site Web).
Entrepreneur général : Groupe Geyser, Laval (site Web).
Gestionnaire de projet : Roy et Tremblay inc., Longueuil.
Client : Musée d'art de Joliette, Joliette (site Web).
Adresse : 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette, Lanaudière.
Superficie totale : 4000 m² (40 000 pi²).
Superficie de l'agrandissement : Environ 800 m² (9000 pi²).
Étages : 4 niveaux, incluant le sous-sol.
Matériaux notables : Verre, béton et couleur blanche.
Type de projet : Institutionnel culturel.
Coût du projet : 14,5 millions $ (7% par le fédéral, 69 % par le provincial, et 24 % par des dons privés).
Inauguration : 2015.

Photographe : Steve Montpetit, Montréal.

Quatrième musée d'art en importance au Québec, le Musée d'art de Joliette habitait un bâtiment qui ne convenait pas à son statut. Ses façades aveugles et éloignées de la rue lui ont valu d'être surnommé « le bunker » par les Joliettains. Il projetait bien davantage l'image d'une réserve muséale que d'une institution culturelle accueillante et ouverte au public. 

Le bâtiment redessiné par Les architectes FABG est méconnaissable. Les façades s'ouvrent maintenant sur la ville avec de vastes murs-rideaux offrant une vue plongeante sur la rivière L'Assomption. Des gradins s'étirent sur trois côtés de l'agrandissement et semblent inviter le passant à entrer jeter un œil.

Le projet ajoute trois volumes au corps principal – dont un en porte-à-faux – et réorganise complètement l'entrée principale. Le plancher existant y a été percé pour créer un vaste espace d'accueil pouvant également servir à exposer de grandes sculptures ou à tenir des performances artistiques, voire même de petits concerts.

L'extension n'accroît pas les surfaces d'exposition, mais ajoute plutôt de nouvelles salles polyvalentes pouvant accueillir une grande variété d'activités en lien avec la mission du musée, allant du cours d'art jusqu'aux événements promotionnels. Leur géométrie orthogonale s'inscrit dans la continuité du bâtiment d'origine, et les parois d'une blancheur immaculée amplifient encore davantage l'impression de luminosité.

À l'avant, deux terrasses ont été aménagées et ont depuis été adoptées par les étudiants du cégep voisin, qui y amènent portable et café pour pouvoir étudier. Un projet de petit restaurant serait d'ailleurs dans les cartons. En face de la salle Rolland-Brunelle et à deux pas du centre-ville redessiné en 2009 par Daoust Lestage, le Musée d'art ainsi rénové contribue à donner un nouveau souffle à la ville lanaudoise en lui greffant un pôle culturel fort et animé.

Le Musée d'art de Joliette a été fondé en 1976 par le père Wilfrid Corbeil, artiste, architecte et enseignant au Séminaire de Joliette. Depuis 1942, il achetait et exposait à peu de frais des œuvres de jeunes artistes québécois alors émergents. La collection du musée est le résultat de son travail fondateur. Elle compte maintenant plus de 8500 œuvres et est reconnue pour sa collection exceptionnelle d'art moderne et de patrimoine religieux.

Description du projet par ses architectes :

Le Musée d’art de Joliette fait face au Parc Renaud sur les bords de la rivière L’Assomption à l’entrée de la ville. Le bâtiment, construit en 1976 sur les plans du père Corbeil qui en fût le fondateur, devait faire l’objet de travaux de rénovation majeurs pour répondre à sa nouvelle mission accordant une large place aux activités de médiation culturelle.

Conçu principalement pour protéger une collection comprenant artefacts liés au patrimoine religieux et œuvres d’art contemporaines, le musée comprenait des espaces de réserve et des salles d’exposition permanente. L’ajout de salles d’exposition temporaires, de salles d’animation pour les enfants, d’un café polyvalent, de salles de conférence et de terrasses s’avérait nécessaire pour ouvrir l’institution à la communauté et occuper une place plus importante dans la vie citoyenne.

Cette préoccupation d’ouverture, nous l’avons traduite en greffant en façade du bâtiment existant trois nouveaux volumes pour dynamiser la composition cruciforme originelle et les nouveaux espaces bénéficient de vues vers la rivière et vers la ville tout en offrant aux passants une plus grande perception des activités en cours.

Depuis sa réouverture le musée joue le rôle d’un condensateur social qui voit se succéder cours, ateliers de création, performances, expositions, visites guidées, 5 à 7 et concerts rejoignant localement un large public.

Un soin particulier a été apporté à mettre en valeur la structure d’origine en dégageant et nettoyant les surfaces de béton recouvertes de plâtre et de brique au cours de travaux subséquents. La démolition d’un plancher au deuxième étage a permis de retrouver le volume d’origine du hall d’entrée qui permet une orientation aisée et offre un espace théâtral pour les activités de médiation culturelle.

Le musée bénéficie d’une succession d’espaces variés relativement indéterminés sur le plan fonctionnel pouvant convenir à de multiples usages. Le temps de réverbération de chacun des espaces a été ajusté par l’ajout de surfaces acoustiquement absorbantes, des toiles solaires motorisées ont été installées aux fenêtres et un réseau de conduits et plaques de raccordement audio et vidéo facilitent le recours au contenu multimédia.

La nouvelle cage d’escalier d’issue comporte à son sommet l’œuvre produite dans le cadre du programme d’intégration des arts à l’architecture et fait partie du parcours d’exposition.

Le projet nécessitait la mise aux normes complète des espaces existants incluant le réaménagement des réserves muséales en sous-sol, le remplacement de tous les systèmes mécaniques et électriques, l’amélioration de l’étanchéité de l’enveloppe, la construction de nouveaux espaces pour les bureaux et la mise en place de toutes les mesures favorisant l’accessibilité universelle. Le mandat de l’architecte incluait la conception de la signalisation et la sélection du mobilier.

Source : Les architectes FABG / v2com.

 
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