Maison Blue Hills

par la SHED architecture

Maison Blue Hills

Architectes : la SHED architecture, Montréal (site Web).
Endroit : Morin-Heights, Laurentides.
Superficie : 210 m² (2300 pi²).
Étage : 1 niveau.
Programme : Habitation pour une famille de quatre, avec salle de télévision, véranda et terrasse extérieure.
Distinction : Lauréat du prix « Cuisine » aux Grands Prix du design 2013.
Matériaux notables : Béton (planchers), bois (parement, structure) et couleur blanche.
Type de projet : Résidentiel unifamilial.
Coût des travaux : 300 000 $
Année : 2012.

Source : v2com.

La cuisine sert de cœur à cette résidence dessinée par la SHED architecture. Similaire à celle de la Maison de Gaspé (par les mêmes architectes), elle s'organise autour de deux vastes îlots qui servent à la fois de surfaces de travail, de comptoir-lunch et même de bibliothèque! La séquence habituelle salon-salle à manger-cuisine est ici transformée pour placer la cuisine au centre des espaces de vie. De ce noyau partent les espace privés : d'un côté la chambre des maîtres et une magnifique véranda, de l'autre celles des enfants et leur petit salon secondaire.

Autre astuce de ce projet : la double paroi du mur extérieur. Lorsqu'elle se replie vers l'intérieur, elle permet de protéger les ouvertures des pièces principales des chauds rayons d'été, tout en laissant passer ceux du soleil d'hiver, plus bas et moins forts. À l'inverse, les espaces gagnés lorsque le mur est repoussé vers l'extérieur permettent d'encastrer les électroménagers dans la cuisine et d'aménager un petit bureau près des chambres, libérant ainsi les espaces de circulation de ces fonctions encombrantes.

Description du projet par ses architectes, émise par communiqué de presse le 19 février 2014 :

Cachée au milieu des versants boisés de la petite municipalité de Morin-Heights, la maison Blue Hills accueille une famille de citadins ayant quitté la ville pour se rapprocher de la nature et de ses vastes espaces. Le projet consiste en la conception d'une maison unifamiliale de 2300 pieds carrés. Perchée sur un sol fortement pentu surplombant un terrain marécageux, la résidence d’un seul étage se glisse gracieusement entre les arbres de manière à n’être que faiblement perceptible de la rue. Suivant la volonté des architectes et de ses occupants, la maison entretient une double relation avec son contexte; de l’extérieur, elle s’y camoufle pour y être la plus discrète possible. De l’intérieur, elle s’ouvre complètement à la nature pour offrir aux occupants des vues sur un tableau en constante évolution. Dans les deux cas, la demeure laisse place à la grandeur de ce lieu sauvage des Laurentides.

Afin de réussir ce double pari, une série d’astuces a été mise en place lors de la conception du projet.

Les murs extérieurs, entièrement recouverts de lattes verticales en cèdre de l’est, grisailleront au fil des ans pour s’harmoniser à la teinte de l’écorce des arbres. Certaines sections de ces murs sont couvertes de tasseaux de bois, créant un subtil relief sur les façades et dialoguant avec la verticalité et le rythme de la forêt environnante. Sur le toit plat, un lit de galets de rivière rappelle les couleurs tapissant le sol limitrophe; du haut de la colline, il devient alors difficile de distinguer le bâtiment de son site. 

L’articulation du programme sur un seul niveau permet à la maison d’avoir une hauteur minimale, et de ce fait une empreinte réduite sur le paysage. Une attention particulière fut aussi apportée afin de préserver au maximum la flore déjà présente au sol. Ainsi, l’implantation linéaire et effilée du bâtiment permit à celui-ci de se faufiler dans le contexte existant en réduisant au minimum l’altération du site, de même que les différences de hauteur entre l’avant et l’arrière de la maison.

Ce type d’implantation basse et rectiligne alloue à chacun des espaces intérieurs un lien visuel direct avec le couvert végétal du site, qui s’inscrit dans le prolongement du sol intérieur de la maison. Cela permet alors un maximum d’interaction avec l’extérieur, en plus d’optimiser la pénétration et la propagation de la lumière naturelle à l’intérieur du corps principal de l’habitation. 

Sur les façades frontales, les ouvertures ont été disposées à l’intérieur d’une série d’alcôves, permettant l’ouverture des fenêtres même en cas de pluie. En plus d’agir comme protection contre les intempéries, ces alcôves participent aussi à définir une zone de transition entre l’intérieur et l’extérieur, un seuil perméable où les parois internes blanches agissent comme le prolongement des cloisons et plafonds intérieurs. De plus, ces alcôves permettent de couper les rayons directs du soleil en été afin d’éviter la surchauffe due aux grandes baies vitrées tout en laissant le soleil bas d’hiver entrer pour réchauffer l’intérieur. Ce principe fonctionne très bien avec le plancher en béton apparent qui agit comme masse thermique. À l’ombre durant l’été, le béton garde la maison au frais alors que l’hiver, lorsque exposé au soleil, il réchauffe l’espace en emmagasinant l’énergie solaire et en la redistribuant uniformément grâce aux canalisations d’eau qui y sont intégrées.

L’entrée à l’intérieur de la demeure se fait par l’entremise d’une alcôve située au centre de la façade nord. Le programme s’organise alors de manière hiérarchique, les espaces communs se trouvant au centre de la barre tandis que les espaces privés occupent les extrémités de celle-ci. Passé le vestibule délimité au sol par une grille gratte-pieds métallique, les espaces de vie sont regroupés dans un seul endroit ; la cuisine, composée de deux grands îlots, sépare la salle à manger du séjour. Placés au cœur du projet, ces îlots contribuent à faire de la cuisine un espace fonctionnel et convivial. Côté salle à manger, l’îlot loge un comptoir lunch tandis que du côté séjour, l’îlot contient une bibliothèque. Ces deux bandes de mobilier agissent donc comme une interface répondant aux fonctions qui lui sont adjacentes. Les grandes ouvertures, présentes de part et d’autre des espaces communs, sont dotées de portes coulissantes pleine hauteur permettant une communion encore plus présente avec la nature. L’ensemble du mobilier intégré ainsi que le foyer sont encastrés entre les alcôves et à l’intérieur des cloisons afin de dégager l’ensemble du volume rectangulaire central et participer à l’esthétisme minimaliste de la maison.

Les espaces de services furent aménagés entre le volume central et les chambres afin d’offrir une zone de transition graduelle vers les espaces privés. Ainsi, les salles de bain, la buanderie et de nombreux rangements filtrent et absorbent les bruits tout en signalant à l’usager qui les franchit qu’il s’apprête à accéder aux espaces privés.

La matérialité présente à l’intérieur de la maison rappelle l’environnement naturel dans lequel elle se trouve. L’usage de matières authentiques et premières, tel le bois tapissant les murs, le marbre enveloppant les salles de bains ou encore le béton poli du plancher, assure la pérennité de la construction. Le revêtement de bois brut des murs a été peint en blanc afin d’obtenir un espace plus lumineux, tout en préservant la texture naturelle du matériau. Cela participe à créer une ambiance feutrée et délicate convoitée par les propriétaires. La blancheur des espaces intérieurs joue le rôle de canevas accueillant, au fil des saisons, les couleurs du paysage extérieur, permettant de d’expérimenter autrement les lieux de vie continuellement changeants. L’ambiance créée par cet amalgame sobre de matériaux et textures confère à la maison un caractère tout à fait laurentien.

La véranda, agissant comme extension du séjour, permet de profiter de l’espace extérieur dans des conditions parfois difficiles, notamment dues aux conditions météorologiques et aux nombreux insectes présents sur le site. Aménagée sur la façade avant, celle-ci rappelle humblement la typologie des maisons environnantes parées de spacieux porches et vérandas.

La maison Blue Hills, de par sa sobriété et sa délicatesse, permet une cohabitation harmonieuse entre l’homme et la nature. Établissant un climat confortable, détendu et empreint de légèreté, y vivre à l’année s’apparente à de perpétuelles vacances.

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