Institut culturel cri Aanischaaukamikw

par Douglas Cardinal Architect et Rubin & Rotman architectes

Institut culturel cri Aanischaaukamikw

Architectes : Stephen Rotman (concepteur), Pascale Tétrault (chargée de projet), Bruno Morin et Roberto Campos; de Rubin & Rotman architectes, Montréal (site Web), en collaboration avec Douglas Cardinal Architect, Ottawa (site Web).
Ingénieurs civils et en structure : SNC-Lavalin, Montréal (site Web).
Ingénieurs électromécaniques : Dessau, Gatineau (site Web).
Entrepreneur : Groupe Aecon, Toronto (site Web).
Client : Institut culturel cri Aanischaaukamikw, Oujé-Bougoumou (site Web).
Endroit : 205, Opemiska Meskino, Oujé-Bougoumou, Nord-du-Québec.
Superficie : 2900 m².
Étages : 2 niveaux.
Distinctions : Prix Or des Grands Prix régionaux du tourisme québécois 2014 dans la catégorie « Attractions touristiques avec moins de 25 000 visiteurs » décerné par Tourisme Eeyou Istchee et Tourisme Baie James.
Matériaux notables : Bois (structure, parement), pierre (parement).
Certification : LEED NC à déterminer.
Type de projet : Institutionnel.
Coût des travaux : 10 millions $ (40 % par le fédéral, 60 % par le provincial).
Année : 2012.

Source : v2com.

L'Institut culturel cri Aanischaaukamikw est le quatrième et dernier bâtiment du noyau communautaire de Oujé-Bougoumou, village cri de 725 âmes à proximité de Chibougamau. Le plan de la communauté a été conçu en 1990 par le célèbre architecte métis Douglas Cardinal (aussi connu pour son design du Musée canadien de l'histoire) et va mettre un terme à près d'un demi-siècle de déménagements forcés. Les bâtiments qu'il a conçus à cette occasion évoquent souvent la structure traditionnelle de l'habitation crie (appelée le astchiiugamikw), avec une charpente en bois et une forme qui rappelle celle d'un tipi.

Aanischaaukamikw signifie « le transfert d’une génération à l’autre ». Les aînés cris exprimaient depuis plusieurs décennies leur volonté de créer un lieu qui permettrait de préserver, protéger et partager leur culture et leurs connaissances. L'Institut culturel cri ne possédait aucune collection à sa fondation et travaille depuis à rapatrier des œuvres et objets cris disséminés à travers le Canada.

La forme de l'Institut dessinée par l'architecte Stephen Rotman avec l'aide de Douglas Cardinal reprend aussi celle de l'astchiiugamikw et troque la mousse et le sable qui couvrent traditionnellement ces maisons pour un sobre parement de bois torréfié et de pierre. De part et d'autre du grand hall central sont distribués les espaces à bureau et les zone dédiées aux archives et à la recherche.

Pour obtenir la certification LEED, les architectes ont dû faire face à des défis particuliers. Une grande part des points attribués par le système d'évaluation environnemental vise à freiner l'étalement urbain et à faciliter l'accès du lieu en transport alternatif. Ces problématiques n'ont pas la même importance en région éloignée. Par conséquent, le projet réduit essentiellement son empreinte écologique par un système de chauffage par géothermie, par un abondant éclairage naturel et par un contrôle serré de la pollution lumineuse.

Description du projet :

L’Institut culturel cri Aanischaaukamikw a pour mission de transmettre aux générations à venir la culture traditionnelle crie dont il s’inspire. Le concept du bâtiment s’appuie sur l’architecture de la maison longue traditionnelle du peuple cri, le sabtuan, et sur la situation contextuelle du village d’Oujé-Bougoumou. Dans ce village construit en 1992, unique à bien des égards, les principaux bâtiments publics ont été regroupés à l’intérieur d’un immense cercle situé au centre du village. L’Aanischaaukamikw complète l’aménagement de cet espace où se trouve également l’édifice du conseil de bande.

Doté d’une salle d’exposition conçue selon des normes muséales internationales, l’Aanischaaukamikw est à la fois musée et lieu de rassemblement. Le rez-de-chaussée accueille des activités communautaires, spectacles de danse et de musique, de même que des rencontres plus intimes avec des conteurs et des aînés.  À l’étage inférieur, on retrouve les bureaux des associations vouées à la préservation de la langue, des méthodes de chasse, des arts et de l’artisanat cris ainsi qu’à la promotion du tourisme.

Le bois est omniprésent, évoquant l’importance primordiale de la forêt pour le peuple cri. Une attention toute particulière a été portée à la transposition d’éléments symboliques, liés à l’habitat traditionnel cri, dans ce bâtiment contemporain. Le plan ouvert et la transparence du rez-de-chaussée font de l’Institut le cœur de la communauté. Le projet est en attente d'une certification LEED.

Voir aussi :

  • Fiche du projet, sur Projets verts : la vitrine de l'architecture durable au Québec.