Fond Forme – Exposition des finissants de la Faculté de l'aménagement

Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal

Fond Forme – Exposition des finissants de la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal

Les finissants de la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal seront réunis cette année lors de l'exposition Fond Forme, présentant lors d'un seul événement leurs quelques 250 projets de fin d'étude. Architecture du Québec est l'un des fiers partenaires de cet événement qui se déroulera du jeudi 30 avril au samedi 2 mai.

Fond Forme, le thème de l’exposition 2015, fait référence à une réalité incontournable du monde du design et de l'aménagement : la tension entre le fond et la forme qui est au cœur de tout acte créatif. Ce fil conducteur traverse les projets des finissants en architecture, en architecture de paysage, en design industriel, en design d’intérieur, en design de jeux, en design urbain ainsi qu’en urbanisme qui exposeront les fruits de leurs travaux à cette occasion.

Le vernissage se tiendra le jeudi 30 avril 2015 à compter de 18h. L’exposition, gratuite, sera ouverte au public le 1er mai, de 16h à 20h et le 2 mai, de midi à 16h, au pavillon de la Faculté de l’aménagement, situé au 2940, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, à Montréal.

De façon à vous mettre l'eau à la bouche, Architecture du Québec vous présente aujourd'hui cinq projets représentatifs des travaux des étudiants de la Faculté, accompagnés de leurs notices explicatives rédigées par l'auteur.

Le Pont des Festivals

Étudiant : Jérôme Descheneaux.
Discipline : Architecture.

Le Pont des Festivals aborde le projet architectural comme activateur de potentiel urbain, à la fois créateur d’identité et catalyseur social. Le projet explore les notions de mobilité, de réappropriation et de mise en valeur d’infrastructures industrielles et patrimoniales.

Situé à proximité du centre-ville de Sorel-Tracy, le Pont des Festivals propose de reconnecter le réseau cyclable et piéton existant, de manière à créer un espace public dynamique, où les citoyens pourront se réunir au rythme des différents événements culturels de la région. Stimulateur de développement, le projet tente ainsi de répondre aux problématiques sociales et économiques à l’échelle locale et régionale. 

Sinuos

Étudiants : Julien Moliera, Philippe Asselin, et Jeremy Hamel.
Discipline : Architecture de paysage.

À l’orée du centre-ville et au pied de la montagne, le réservoir McTavish habite un lieu de choix dans les dynamiques spatiales montréalaises. En 1852, la réalisation de l’ouvrage hydraulique est venue interrompre la lente descente du Mont-Royal en échancrant une vaste terrasse dans le territoire de McGill. Aujourd’hui, badauds et riverains lorgnent un parc qui ne jouit pas de la vitalité escomptée. Contourné et frôlé par le lien fleuve-montagne, le site est en quête d’un rattachement à une dynamique d’apparat qui le désembouteillerait.

Le tracé ici élaboré prend appui sur un flan sous-estimé du Mont-Royal, là où seules les lignes de désir dictent le passage du Royal-Victoria au parc Jeanne-Mance. Tout en prolongeant l’influence du chemin Olmsted, l’intervention vient instituer de nouveaux flux de déplacements qui dotent le site d’une raison d’être significative. Les conditions urbaines et la trame viaire sont remaniées de façon à octroyer les pleins pouvoirs aux piétons sur le tracé sinueux qui relie désormais ces joyaux de Montréal.

Spiro

Étudiante : Jenna Dugain.
Discipline : Design industriel.

Spiro est un masque d’assistance respiratoire destiné aux enfants souffrant de maladies neuromusculaires. Ces maladies, rares et chroniques, entraînent des complications respiratoires qui obligent les patients à porter des masques pour maintenir leurs voies respiratoires ouvertes pendant la nuit. Conçu à partir d’une numérisation 3D du visage et fabriqué dans un matériau hypoallergénique, Spiro épouse parfaitement le visage du patient. Il permet ainsi d'assurer l’étanchéité du masque tout en diminuant considérablement les points de pression sur le visage.

Élaboré avec la collaboration du Centre de Réadaptation Marie-Enfant de l'hôpital Sainte Justine, il est compatible avec les procédés de fabrication semi-industriels de leur équipe de techniciens. Spiro est une alternative prometteuse aux masques mal adaptés de formats adultes actuellement utilisés et responsables des plaies et des déformations crâniennes occasionnées par le serrage abusif.
 

ÔM : Centre de yoga et méditation

Étudiante : Blanche Caron.
Discipline : Design d'intérieur.

Centre de yoga et méditation nouveau genre, ÔM propose plusieurs micros-unités autonomes offrant à tout type d’usager la possibilité de pratiquer le yoga dans différents contextes urbains. Implantés dans divers quartiers de la métropole, ces centres novateurs visent à optimiser leur utilisation par l’accessibilité de leurs emplacements stratégiques. On crée un lien d’appartenance avec l’usager qui peut se ressourcer à même son milieu de vie.

Dans ce projet-étude, initialement situé au square Victoria, l’expérience du bâti se retrouve intrinsèquement liée avec la linéarité de l’espace. Telle une artère ajoutée à l’environnement, le centre devient un nouveau passage dans le parc et offre une dimension esthétique, minimaliste où seul l’essentiel est présent. L’espace intérieur, simplifié et élémentaire, est divisé en deux zones distinctes et contrastantes par leur matérialité. Dès l’entrée, l’usager se sent enveloppé par la zone de circulation rehaussée de bois alors qu’il est transporté dans une ambiance ultra-lumineuse dans la zone studio, constituée entièrement de fenêtres.

L’architecture extérieure vient définir l’espace dans son intégralité grâce à une structure ajourée qui laisse entrer la lumière naturelle. Celle-ci, en étroite relation avec l’expérience du lieu, permet à l’usager de ressentir les sensations physiques telles la chaleur, la lumière et le mouvement.

Et si l’autoroute nous obligeait à revoir notre pays(age)?

Étudiant : Émile Maheu Forest.
Discipline : Urbanisme.

Au Bas-Saint-Laurent, le discours autour du prolongement de l’autoroute 20 s’articule surtout autour de la « moins pire » des manières de sacrifier l’arrière-pays. Dans ce contexte, cette autoroute nous convie à entamer un second chantier, celui d’une réflexion sur l’avenir de la future délaissée, la route 132, et les communautés qu'elle organise.

Oscillant entre théories, terrains et entretiens avec des acteurs régionaux, plusieurs constats ont émergé. Notamment, en termes d'effets d'infrastructure de transport, la route 132 risque d’être reléguée aux niveaux inférieurs de la structure routière; il en résulte la consolidation des pôles gagnants et la création « d'espaces creux » distancés de l’action régionale.

De surcroît, l'importance de la route 132 s’est imposée, principalement à cause de sa nature identitaire et de l'émotion qu'elle suscite. Ainsi, elle représente un immense potentiel de mise en valeur territoriale, pouvant être orchestrée collectivement.

De plus, la pertinence de la route touristique des Navigateurs semble révolue. En effet, la consolidation de certains pôles dus à l'autoroute devrait inciter les instances à miser sur une redistribution entre les différents attraits, de ceux des secteurs plus attractifs vers ceux qui le sont moins.

Bref, ces communautés doivent percevoir ces transformations comme la possibilité de repenser leur paysage, reprendre contact avec le fleuve et investir cette route qui est, finalement, un grand monument de cette petite région.
 

 
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