Delirious Frites

par le Collectif ARG – Les astronautes

Delirious Frites

Créateurs : Gabrielle Blais-Dufour, Robin Dupuis et Alexandre Hamlyn; du Collectif ARG – Les astronautes, Québec (site Web); installation en marge de l'exposition Les passages insolites (site Web).
Client : EXMURO arts publics, Québec (site Web), en collaboration avec la Ville de Québec (site Web).
Financé par : Événement L'Objet 2014, Québec (site Web).
Endroit : Rue Saint-Paul, Québecrégion de la Capitale-Nationale.
Type de projet : Installation éphémère.
Coût des travaux : 7000 $.
Année : 2014.

Coincés entre deux immeubles du Vieux-Québec, les Delirious Frites ne sont pas immédiatement apparentes. C'est du coin de l’œil qu'on aperçoit un flash rose orangé, mais une fois le regard accroché, on peut difficilement le détacher : les deux murs de la ruelle sont couverts de tubes de piscine de couleurs éclatantes!

Cette installation est le fruit du travail de trois finissants à la maîtrise en architecture de l'Université Laval : Gabrielle Blais-Dufour, Robin Dupuis et Alexandre Hamlyn, réunis sous le nom de Collectif Les Astronautes (« des travailleurs de l'espace »). Leur œuvre fut sélectionnée parmi d'autres propositions et financée par une part des recettes de l'événement L'Objet, une enchère mettant en vente des créations uniques des étudiants en architecture.

Le résultat est stupéfiant. Les couleurs chaudes et la forme courbée des frites font contraste avec la linéarité grise et froide du vieux quartier. La ruelle sombre devient un espace dynamique et attrayant, dans lequel on a envie de se prélasser. La main est attirée par la texture familière de ces objets placés dans un environnement incongru.

Description du projet au moment de sa présentation, par le Collectif ARG – Les astronautes :

L'idée est simple : un passage de 2,7 mètres de large et 32 mètres de long, rempli de frites de piscine... beaucoup de frites de piscine : 3224 frites de piscine roses! La couleur vive crée un contraste avec l'environnement minéral du Vieux-Port pour transformer cet interstice anonyme en espace invitant et intriguant. Les éléments, perpendiculaires aux murs de la ruelle, viennent moduler un parcours. En soi, l'objet de base est simple et bon marché (un container de la Chine est d'ailleurs déjà en route), cela facilite son exploitation à grande échelle. L'expérience est tactile, molle, flexible, insolite. Le passage se divise en plusieurs moments : un étranglement du côté de la rue Saint-Paul amène à découvrir graduellement le lieu; une clairière en son centre dévoile un mobilier issu du matériau de base et permet la diffusion et l'exposition des travaux des finissants de l'école d'architecture, de la conception du passage, etc.; une grotte, plus fermée, fait perdre conscience de son environnement et impose un contact physique avec lesdites frites; du côté du stationnement, une contamination graduelle du mur signale au passant le caractère insolite de l'intervention.

La paramétrisation de la surface rend le concept flexible et adaptable à une variété quasi infinie de sites différents. Cela permet aussi de simplifier grandement le casse-tête que pourrait devenir l'assemblage d'une installation de cette envergure. En pratique, chaque section du mur de frites est un module standardisé. Il correspond à un panneau de contreplaqué et peut être assemblé à plat, la longueur des frites est déterminée par le logiciel. La flexibilité du système permet également de prendre en compte les fenêtres. Rien de fragile dans le système, rien de dangereux, que des frites souples léchant les passants. L'endroit est sécuritaire. Il est contenu entre les deux bâtiments, ce qui permet de fermer la ruelle au besoin.

Au sommet du mur de frites, des luminaires amènent une ambiance mystique au passage, générant des ombres curieuses, permettant la redécouverte du lieu sous l’œil de la nouveauté. À ces lumières peut être couplé une expérience sonore pour une immersion plus complète.

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