Clinique D diaphane

par L. McComber 

Clinique D diaphane

Architectes : David Grenier et Laurent McComber, de L. McComber – architecture vivante, Montréal (site Web).
Designers graphiques : Atelier Chinotto, Montréal (site Web).
Designers d'éclairage : Richporter Research In Lighting, Montréal (site Web).
Entrepreneur général : Brago Construction, Laval (site Web).
Clientes : Danielle Brassard et Cynthia Migneault, Laval.
Adresse : 1150, boul. de l'Avenir, bureau 300, Laval.
Superficie : 275 m² (2950 pi²).
Étage : 1 niveau. 
Programme : Clinique de dermatologie avec traitements de photothérapie, incluant six salles d'examen, quatre chambres de photothérapie, une salle d'attente et différents espaces à bureaux, de détente, de service et de soutien.
Distinction : Lauréat d'un Grand Prix du design 2015 dans la catégorie « Établissement de santé et de recherche ».
Matériaux notables : Mobilier en frêne, parois de verre et couleur blanche.
Type de projet : Commercial, médical.
Coût du projet : 450 000 $.
Fin de projet : Avril 2015.

Photographe : Raphaël Thibodeau, Montréal (site Web).

La Clinique D est une clinique en dermatologie de Laval dont l'aménagement a été dessiné par l'équipe de L. McComber – architecture vivante. Récipiendaire d'un Grand Prix du design, elle s'est fait remarquer pour son caractère invitant et son organisation bien pensée.

Derrière le comptoir, quatre surfaces vitrées et courbées camouflent autant de chambres de photothérapie qui s'illuminent lorsqu'elles sont en activité. Six salles d'examen sont voisines de l'accueil et accessibles par deux couloirs, dont un, sans être fermé aux patients, reste isolé des espaces de circulation principaux. Les cloisons interrompues avant d'atteindre le plafond permettent à la lumière de baigner l'ensemble des espaces.

Le principal défi à relever, lors du design d'un établissement de santé, est de créer un espace qui a une personnalité à la fois hygiénique et confortable. Les lieux sont ici rendus chaleureux par l'usage de mobilier de qualité en bois, de surfaces courbes et d'espaces emplis de lumière naturelle, mais la stérilité recherchée est maintenue par la froideur du verre et du béton, les lignes épurées du mobilier et la simplicité de l'organisation de l'espace.

Description du projet par ses architectes :

Le Dre Danielle Brassard caresse depuis longtemps le rêve d’ouvrir sa propre clinique publique de dermatologie dans la région de Montréal. En réponse aux besoins d’une clientèle souffrant d’eczéma, de psoriasis, d’urticaires ou d’autres maladies de peau liées au stress, la future clinique doit accueillir le patient dans un univers réconfortant. Elle souhaite aménager un lieu qui s’éloigne du modèle des cliniques médicales classiques souvent tristes et dans lesquelles les nombreuses contraintes techniques prennent le pas sur le confort et le bien-être des patients et des professionnels. C’est en septembre 2014 qu’elle contacte Laurent McComber de la firme L. McComber pour réaliser sa vision.

De la triste clinique à la clinique lumineuse

Le travail de la lumière, ingrédient essentiel à de nombreux traitements en dermatologie, est le point de départ du projet. Malgré les grandes fenêtres s’ouvrant à l’est sur le boulevard de l’Avenir et au sud sur le stationnement de la station de métro Montmorency, l’ancienne clinique médicale pédiatrique qui occupait ce local, était sombre et triste. L’implantation de la salle d’attente au centre avec des salles d’examen aveugles en périphérie déconnectait le public de l’extérieur avec ses vues et sa lumière naturelle.

Afin de profiter des grandes ouvertures, l’ensemble du local a été traité comme un plan libre dans lequel sont venues se greffer les différentes fonctions de la clinique sous formes d’objets transparents, filtrant la lumière naturelle abondante en périphérie. Le plafond, entièrement tapissé de tuiles acoustiques, a été dégarni pour dilater l’espace.

Une série de volumes translucides

Les six salles d’examen forment une longue paroi blanche rythmée par six hautes portes de bois s’ouvrant sur six plafonds de verre givré. Avec son grand mur de vitrage opalescent et ses plafonds surbaissés, la salle de détente dédiée aux professionnels de la clinique se présente comme une boîte lumineuse. Les machines de photothérapie trônent au centre de la composition, derrière la réception. Fermées par des parois de verre courbe diaphanes, elles dévoilent naturellement leur fonction puisque lorsqu’elles sont en marche, elles émettent une lumière d’un mauve intriguant. Ce cœur est enveloppé d’un long comptoir d’accueil en frêne massif adressant deux entrées situées de part et d’autre du noyau : dermatologie (entrée principale) et photothérapie (entrée secondaire).

Le patient au cœur de la démarche

Dre Brassard souhaite que ses patients se sentent détendus dès leur entrée dans la clinique. Leur séjour doit se dérouler dans le calme et l’apaisement plutôt que dans le stress et l’inconfort. À la clinique D, la salle d’attente offre la vue la plus saisissante du local : le boulevard de l’Avenir en son axe longitudinal. Bien installé et confortable, le public est plus patient, plus compréhensif.

Aux pieds des fauteuils de la salle d’attente, des tables en frêne massif construites sur mesure, reprennent le langage du comptoir d’accueil. Sous le placard de l’entrée, un range-pantoufle en bois invite les patients à déposer leurs bottes en entrant. Plus loin, l’alcôve des WC loge un distributeur d’eau chaude/froide pour que chacun puisse se servir un thé ou une tisane en attendant son rendez-vous ou son traitement.

Prendre soin du personnel soignant

En plus d’être un lieu d’accueil et de réconfort pour le public, la clinique doit répondre aux besoins du personnel qui y travaille de longues heures. Elle doit être efficace dans son organisation et agréable dans sa composition. Pour y parvenir, la circulation des professionnels des salles communes, aux bureaux et aux salles d’examens doit être distincte de celle du public. En détachant le volume des salles de consultations du mur extérieur, un long corridor de service pour le personnel a été libéré.

Véritable épine dorsale de la composition, cette organisation spatiale a créé un espace de transit lumineux et vivant où infirmières, techniciens et médecins se déplacent librement d’une salle à l’autre, consultent le dossier informatique de leur patient, échangent des avis et informations ou encore se rendent à leurs bureaux et à la salle de détente. Des postes informatiques muraux permettent au personnel médical de consulter les dossiers avant ou après avoir vu leurs patients sans toutefois encombrer cet axe de circulation stratégique. Le personnel peut également profiter du bloc transparent abritant la salle de repos, tout en étant à l’abri des regards curieux des patients.

Un éclairage adapté

Pour compléter l’éclairage naturel, des ampoules DEL Wi-Fi suspendues permettent de programmer l’intensité et la couleur par zone. Installées à une hauteur de huit pieds, elles offrent un maximum de luminosité aux utilisateurs avec un minimum de puissance sans toutefois être trop éblouissantes. Des éclairages DEL en bandes encastrées soulignent la grande retombée de bois au-dessus du comptoir ainsi que le volume de la salle d’attente. Le même type de luminaire est encastré au comptoir d’accueil pour éclairer les surfaces de travail du personnel.

Enfin, chaque salle d’examen est éclairée par une variété de sources DEL pour offrir un spectre à la fois très complet, mais aussi très performant : en panneau derrière le plafond vitré, en bande linéaire en retrait le long du même plafond, sous forme de luminaire encastré au-dessus de la civière et d’ampoule Wi-Fi directionnelle sur bras ajustable près du patient. Le plafond vitré et les portes d’accès sur le corridor de service complètent la composition avec un éclairage naturel diffus. L’ensemble est éclatant de clarté pour favoriser l’exactitude des examens visuels auprès des patients.

La signature d’atelier Chinotto

L’ensemble de la signalisation a été conçu en collaboration avec l’atelier Chinotto, designer graphique. Stylisée et universelle, elle est constituée d’un mélange de logos dessinés sur mesure (téléphone, WC, bornes de recharge) et d’appellations plus spécifiques pour chacune salles (1, 2, 3, A, B, C, Dre Danielle Brassard, réfectoire, etc.). Les imprimés sont découpés en vinyle gris pâle sur fond blanc aux murs et peints en blanc sur fond gris au plancher de béton. La typo est sobre et épurée. Le logo 3D forme le clou du spectacle. Il s’agit d’une extrusion paramétrique 3D du logo 2D conçu par l’atelier Chinotto dont la profondeur des sillons varie en fonction de leur largeur offrant des jeux de lumière et d’ombre surprenants.

La clinique D sous les projecteurs

Le projet de la Clinique Diaphane fait la démonstration qu’avec la confiance d’un client, une jeune firme dynamique peut mettre en œuvre un programme architectural complexe et spécialisé sans nécessairement en avoir acquis préalablement l’expertise avec d’autres projets semblables. La clinique D fait le pari qu’un espace de soins convivial et bien conçu favorise le bien-être des utilisateurs et professionnels, et entraîne indirectement des conditions de soins et de travail positives.

Son architecture de qualité et ses détails de construction durables feront le bien-être du plus grand nombre, véritable investissement à plus long terme pour la société. Un espace de soin ne doit pas nécessairement être dominé par l’attirail technologique. Il peut également être inspiré par la chaleur humaine du lieu qui l’accueille et des gens qui l’habitent.

Source : L. McComber – architecture vivante.

 
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