Centre de transport Stinson

par Lemay

Centre de transport Stinson

Architectes : Pierre Larouche, architecte patron; Yanick Casault, chargé de projet; Michel Lauzon et Jean-François Gagnon, architectes concepteurs; Éric Gélinas, technicien; Steve Lesieur, technicien; Sammy Camacho, technicien; Henry Cho, technicien; Éric Provost, technicien, PA LEED; François Desmarais, designer; Valentin Guirao, stagiaire en architecture; Khalil Diop, architecte; Anne-Marie Brochu, b. arch.; Maryse Ballard, architecte; Sébastien Martineau Soto, m. arch., PA LEED; et Ramzi Bosha, m. arch.; de Lemay et associés, Montréal (site Web).
Architectes de paysage : Version Paysage, Montréal (site Web), et Vlan Paysages, Montréal (site Web).
Ingénieurs civils et en structure : Pasquin St-Jean et associés, Montréal (site Web).
Ingénieurs électromécaniques : Bouthillette Parizeau et associés, Montréal (site Web) et BPR, Montréal (site Web).
Entrepreneur : L.A. Hébert, Brossard (site Web) et Pomerleau, Montréal (site Web).
Client : Société de transport de Montréal (site Web).
Endroit : 365, rue Stinson, arrondissement Saint-Laurent, Montréal.
Superficie : 38 400 m².
Étages : 2 niveaux, excluant le sous-sol accueillant les bassins de rétention d'eau.
Capacité : 800 employés et 300 autobus, dont 100 articulés.
Distinctions : Médaille d'argent des International Design Awards 2012 dans la catégorie « Architecture », sous-catégorie « Concept ». Finaliste aux Prix d'excellence en architecture 2015, catégorie « Bâtiments industriels », décernés par l'Ordre des architectes du Québec.
Matériaux notables : Acier (structure), béton (parement), céramique (parement), couleur jaune.
Certification : LEED NC Or.
Type de projet : Industriel, transport collectif.
Coût des travaux : 108 millions $.
Coût du projet : 165,2 millions $ (75 % par le provincial, 25 % par la STM, qui relève du municipal).
Année : 2014.

Source : v2com.

La solution traditionnelle aurait été de concevoir un grand garage terne entouré d'infinies aires de stationnement, le tout devancé par un petit immeuble à bureau anonyme.

La solution retenue par l'équipe de Lemay est aux antipodes : presque tout l'espace est recouvert d'un immense garage accueillant autant les autobus stationnés que ceux en réparation, camouflant ce qui serait autrement un gigantesque stationnement asphalté par une superbe couverture en relief, fissurée par des lanterneaux et agrémentée par-ci, par-là, de portions de toiture végétalisée.

Ce magnifique toit offert aux nombreux résidents des immeubles voisins est chapeauté par un grand élément linéaire de couleur jaune, une des couleurs emblématiques de la STM. Surnommé « la barre programmatique » par ses concepteurs, cet espace abrite tout le programme fonctionnel et technique ne relevant pas directement du garage : les aires de repos des employés, des espaces à bureaux, les secteurs mécaniques et de service, etc. Le bâtiment étant très grand, sa position centrale directement au-dessus du garage permettrait aux employés de s'éviter 500 km de marche par année, un gain de productivité appréciable.

Autant pour des raisons d'accès à la lumière naturelle que celles, plus symboliques que pratiques, de la transparence, toutes les façades sont abondamment fenêtrées. La succession de grandes ouvertures carrées sur la façade principale (imprimées au logo de le STM) vient animer ce qui serait autrement une longue surface uniforme. Même les façades latérales sont ponctuées de minces ouvertures verticales et de changements de couleur pour briser la monotonie de l'espace.

Description du projet par Lemay, fournie par v2com :

Les créateurs de Lemay signent la réalisation du tout premier centre de transport entièrement couvert de la Société de transport de Montréal (STM). Situé sur la rue Stinson dans l’arrondissement Saint-Laurent, ce projet se démarque autant par son intégration urbaine que par son empreinte écologique réduite.

Michel Lauzon, architecte, responsable de la créativité et de l'idéation chez Lemay depuis 2009, a agi à titre de directeur création au cours du projet Stinson. Il se dit très fier du résultat. « L’enjeu était de taille puisqu’il s’agissait de concevoir un bâtiment capable à la fois d’accueillir 300 véhicules et 800 personnes, de redynamiser un secteur industriel et de s’intégrer dans un environnement tout en le bonifiant », explique-t-il.

L’engagement de la STM

La STM voulait un nouveau centre de transport qui soit hautement efficace, mais également accepté par la population environnante. L'équipe de création de Lemay a donc suggéré à la STM de pousser plus loin leur réflexion et d'imaginer le centre comme une extension naturelle de leur identité et de leurs valeurs. Par sa conception, ce nouveau centre proposait d’ajouter une réelle valeur au sein de la communauté, ce qui faciliterait, par voie de conséquence, l'adhésion des riverains au projet. Le centre Stinson devenait ainsi un prototype des centres de transport de l'avenir, et ce, tant du point de vue de l’environnement que de celui du dialogue avec les citoyens. 

« Nous avons voulu un centre qui incarne notre engagement pour le développement durable et notre dialogue constant avec la population, souligne Jocelyn Leblanc, directeur de projet à la STM. C’est pourquoi nous avons pris en considération toutes les demandes des citoyens lors de consultations publiques, pour les intégrer dans ce projet. Par exemple, il est à noter que la toiture a été traitée comme une cinquième façade, qu’aucun équipement mécanique n’est apparent et que l’on a insisté sur l’importance des surfaces végétalisées. Notre souci d’intégration urbaine nous a même amenés à prévoir une place publique et des stationnements pour vélo et autopartage ouverts aux résidents du quartier. »

Établir un dialogue avec la Ville

Du point de vue urbain, pour éviter les nuisances sonores et visuelles occasionnées par une grande concentration d’autobus, le nouveau bâtiment a d’abord été conçu comme un centre entièrement fermé, couvert par 35 000 m² de toiture, soit l’équivalent de sept terrains de football. Pour agrémenter la vue des résidents des tours d’habitations voisines et établir un dialogue symbolique avec eux, les concepteurs ont ponctué cette immense toiture d’une série de bandes de verdure et d’énormes lanterneaux d’environ 30 m de long en forme de fermes de charpente, reproduisant ainsi le maillage des rues du quartier.

Pour les mêmes raisons esthétiques, les architectes ont aussi pris soin de dissimuler l’ensemble des équipements mécaniques dans la barre programmatique principale (regroupant les espaces de détente, la cafétéria, les bureaux et les systèmes mécaniques), dont le toit peint en jaune crée un lien métaphorique entre l’entrée du centre et le boisé situé à l’arrière du bâtiment. Toujours dans le même souci d’une qualité esthétique et environnementale, la firme n’a pas seulement préservé les 230 arbres du boisé, mais en a également planté 600 nouveaux. Pour compléter le dialogue entrepris avec la Ville, Lemay a proscrit les murs aveugles si courants dans ce genre de projet et a parsemé la façade du bâtiment donnant sur la rue Stinson de grandes vitres, invitant ainsi les passants à découvrir la vie interne d’un centre de transport.

Pour une certification LEED Or

Selon Jean-François Gagnon, architecte, membre de l'équipe de création de Lemay et concepteur principal sur le centre Stinson, le défi majeur du projet consistait à réduire l’empreinte écologique du bâtiment tout en construisant une structure pourtant quatre fois plus imposante que l’originale. Il s’agissait aussi de faire de cet espace clos un lieu de travail et de vie agréable. Les concepteurs ont imaginé une série d’interventions architecturales et paysagères qui ont permis de faire passer l’objectif d’une certification LEED Argent à une certification LEED Or. Grâce aux 26 énormes lanterneaux, l’espace intérieur du bâtiment est éclairé par la lumière naturelle, ce qui est rare pour un projet d’une telle envergure. De plus, environ 85 % de la chaleur dégagée par les véhicules et les aires d’entretien est réutilisée pour alimenter les systèmes de chauffage et de climatisation. Par ailleurs, les architectes ont étendu leur vision de développement durable jusque dans les moindres détails, que ce soit à travers l’installation de détecteurs de présence, l’utilisation de cellules photovoltaïques ou encore l’application de matériaux sans COV.

À l’instar des 8 000 m² de toit vert et du mur végétal de la façade nord, la toiture blanche a été conçue pour éviter les îlots de chaleur urbains. Les sous-sols du bâtiment abritent des bassins de rétention d’eau d’une capacité de 3 000 m3 qui contribuent non seulement à désengorger les égouts de la ville, mais également à laver les véhicules (75 % de l’eau utilisée est de l’eau récupérée). Outre l’augmentation des surfaces végétalisées et la création de réservoirs d’eau, la réduction des aires de stationnement et des voies d’accès (obtenue grâce à une optimisation des plans de circulation) a contribué à maintenir le même taux de perméabilité que le bâtiment d’origine qui était quatre fois plus petit.

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