H67 : Appartement Habitat 67

par Studio Practice

H67 : Appartement Habitat 67

Conceptrice : Marie-Pierre Auger-Bellavance, M.Arch, de Studio Practice (site Web).
Luminaires : Gorgin S. Fazli, de Studio Practice.
Adresse : Habitat 67, 2600, av. Pierre-Dupuy, arrondissement de Ville-Marie, Montréal.
Superficie : Environ 170 m² (1800 pi²).
Étages : 2 niveaux.
Programme : Salon, cuisine et salle à manger à aire ouverte, bureau fermé, chambre à coucher et salle de bain, terrasse extérieure.
Matériaux notables : Béton exposé, panneaux de verre et couleurs blanche, noire et jaune.
Protections : Appartement inclus dans le complexe Habitat 67, cité Immeuble patrimonial par la Ville de Montréal en 2007, et classé Immeuble patrimonial par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec en 2009.
Type de projet : Résidentiel.
Réalisation : 2015.

Photographes : Adrien Williams, Montréal (Site Web), et Gorgin S. Fazli, de Studio Practice.

Marie-Pierre Auger-Bellavance, de Studio Practice, a eu le rare privilège de repenser l'intérieur d'un des logements d'Habitat 67, véritable monument de l'architecture moderniste signé Moshe Safdie. Comme rien du design original ne survivait, la designer avait le champ libre pour concevoir un décor minimaliste qui se laisse oublier et met en valeur l'architecture des lieux et la magnifique vue sur la ville.

Formé de trois boîtes de béton, l'appartement a été libéré de toutes les cloisons qui en divisaient l'intérieur. Seuls les murs de chaque volume subsistent maintenant, créant ainsi un environnement ouvert et aéré. Là où c'était possible, le béton des volumes structuraux a été mis à nu, procurant une touche de texture à un environnement où prédomine maintenant le blanc lisse des parois et du mobilier. Par-ci par-là, des touches de noir et de jaune viennent aussi égayer l'atmosphère.

Les quelques nouvelles subdivisions sont faites en verre noir, parfois opaque, parfois translucide. Leurs surfaces réfléchissantes agrandissent l'espace et reflètent le décor épuré et la vue panoramique sur le centre-ville.

La chambre à coucher et la salle de bain forment un ensemble spectaculaire. À aire ouverte, elles occupent l'entièreté d'un des volumes et communiquent fluidement l'une avec l'autre. Un superbe bain autoportant trône au centre de la pièce et invite à la détente. Une paroi abrite un immense meuble de rangement aux lignes épurées, tandis que l'autre accueille une petite salle de toilette et une douche à l'italienne.

Construit en prévision de l'Exposition universelle de 1967, Habitat 67 devait servir de modèle pour un nouveau type de complexe domiciliaire. Chaque cube était préfabriqué en usine, transporté par barge sur le fleuve et monté par une grue sur rail conçue expressément pour l'événement. Les volumes sont empilés les uns sur les autres, sans grille structurale dans laquelle s'insérer, ce qui force les cubes du bas à soutenir tout le poids du complexe. Chaque bloc est donc unique et parfaitement adapté à sa situation par rapport à l'ensemble.

À une époque où la vie de banlieue était érigée en modèle, Habitat 67 visait à apporter aux résidents une qualité de vie digne des quartiers périphériques, mais dans un contexte de forte densité urbaine. Les unités varient en dimension, de un à cinq blocs, mais ont toutes accès à une terrasse extérieure privée ou semi-privée, imitant ainsi le cour arrière des bungalows de banlieue.

Ceux qui désirent en savoir davantage sur les idées et le processus ayant mené à Habitat 67 peuvent consulter le livre Beyond Habitat, par son concepteur Moshe Safdie, disponible entre autres à Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Description du projet par ses créateurs :

Habitat 67, imaginé par Moshe Safdie pour l’exposition universelle de Montréal en 1967, est devenu une icône de l’architecture nord-américaine et internationale. Prouesse d’ingénierie, il s’érige en un jeu dynamique de cubes de béton et atteint une cohérence vernaculaire chaleureuse. C’est un habitat démocratique où chacun jouit d’un jardin, d’un panorama et d’un espace de vie unique.

Le mandat était celui de rénover une unité qui avait fait l’objet de nombreuses transformations dans le passé. Puisque rien du design original ne subsistait, le défi était de repartir à zéro, de renouer avec la philosophie Safdie tout en incorporant un art de vivre 2015!

Nous avons opté pour un design résolument fonctionnel et minimal. Les cloisons intérieures de l’unité on été abattues pour baigner les espaces ouverts de lumière, mais aussi pour décloisonner le regard de l’occupant qui peut désormais contempler deux réalités contrastantes : celle du centre-ville de Montréal et de son effervescence, puis celle du fleuve Saint-Laurent et sa langueur apaisante.

Les trois cubes préfabriqués de l’unité ainsi dépouillés, il en résulte des espaces purs, blancs, abstraits. Le rangement, blanc aussi, devient mural pour se dissimuler dans l’enveloppe. La fonction des lieux s’exprime sans détour : la bibliothèque envahit un mur entier dans le salon, le bain et la douche dominent la pièce d’eau. Dans la cuisine, l’îlot et les armoires deviennent des volumes en mouvance.

Ce qui donne une qualité aux lieux, outre le traitement de la lumière et la définition des espaces, est l’expérience de la matière. Le béton, si omniprésent dans le complexe d’Habitat 67, se révèle par endroits choisis dans l’unité. Le verre noir, tantôt transparent, tantôt opaque, participe avec les miroirs à créer une superposition de réflexions. Le panorama si savamment cadré par les fenêtres s’y voit dédoublé.

Voici un espace de vie où jardin, fleuve et ville s’invitent dans l’univers intime.

Source : Studio Practice / v2com.

 
PARTAGEZ CET ARTICLE :