Agrandissement du Centre Jean-Claude-Malépart

par Saia Barbarese Topouzanov Architectes

Agrandissement du Centre Jean-Claude-Malépart

Architectes : Mario Saia, concepteur principal; Vladimir Topouzanov, concepteur principal; Dino Barbarese, responsable de projet; Virginie Legast, responsable de projet; avec l'aide de Patrick de Barros, Wassili Dudan, David Griffin, Mathias Loscos, Yvan Marion, Donald Marquis et Catherine Simard; de Saia Barbarese Topouzanov architectes, Montréal (site Web).
Architectes originaux : Saia Barbarese Topouzanov architectes, Montréal (1996).
Ingénieurs en structure : MLC associés, Montréal (site Web).
Ingénieurs électromécaniques : AECOM, Montréal (site Web).
Entrepreneur : Groupe TEQ, Montréal (site Web).
Gestion de projet : LeM experts-conseils inc., Rosemère (site Web).
Client : Ville de Montréal (site Web).
Endroit : 2633, rue Ontario Est, arrondissement Ville-Marie, Montréal.
Superficie : 2680 m².
Étages : 2 niveaux.
Programme : Piscine semi-olympique et pataugeoire, vestiaires, salle d'entraînement, local pour sauveteurs, billetterie, dépôts et services connexes.
Matériaux notables : Acier (structure), brique (parement) et verre (mur-rideau).
Certification : LEED-NC.
Type de projet : Institutionnel récréatif.
Coût des travaux : 7 millions $.
Année : 2010.

Source : v2com.

Saia Barbarese Topouzanov architectes sont les concepteurs de la phase II du Centre sportif Jean-Claude-Malépart, 14 ans après la construction originale de l'institution qui avait été dessinée par les mêmes architectes. C'est cependant avec un langage beaucoup plus fluide et unificateur qu'ils ont abordé ce second projet, en faisant un lieu communautaire attrayant de ce quartier populaire de Montréal.

Par définition, un centre sportif est fait de grandes salles, ce qui a souvent pour conséquence d'engendrer un bâtiment hors de proportion ceinturé de murs aveugles. Pour éviter ce défaut, les architectes ont pourvu l'agrandissement d'une abondante fenestration qui insiste sur la caractère public de l'institution et procure une généreuse lumière naturelle. L'échelle du bâtiment est aussi similaire à celle des triplex voisins.

La façade est dynamisée par un effet de tension intéressant entre le parement en grosses briques blanches et la fenestration en mur-rideau placée en-dessous. L'organisation habituelle du socle lourd supportant une surface plus légère est ainsi inversée. Les diagonales créées par les ouvertures et par les dessins sur la surface du mur rendent la façade encore plus vivante.

Description du projet par ses architectes, fournie par communiqué de presse le 13 février 2011 :

Par le passé, dans le quartier Sainte-Marie, le quadrillé des rues bordées de logements ouvriers, de petits commerces et industries avait suscité peu de carrefours de vie urbaine. Mais, graduellement, à l'angle des rues Ontario et Frontenac, une maison de la culture précédée d'une station de métro et suivie d'un centre sportif construit à proximité, allaient se révéler comme un lieu de fierté et d'appartenance très fréquenté par les citoyens. 

Quatorze ans après un premier mandat pour la construction d'une première phase, les architectes Saia Barbarese et Topouzanov se sont vus récemment confier l'agrandissement du Centre sportif Jean-Claude Malépart, du nom de ce député qui s'était fait le défenseur des défavorisés de son comté de Sainte-Marie.

Programme

Le hall de 1996 devait devenir une sorte de plaque tournante qui continuerait à desservir les installations déjà en place, gymnase et salles communautaires, tout en donnant accès à une nouvelle billetterie, à une piscine semi-olympique et à une pataugeoire avec leurs salles de déshabillage, salle d’entrainement, local pour sauveteurs dépôts et services connexes.

Le rapport au site et à la première phase

Le nouveau bâtiment vient compléter le tissu urbain environnant et composer un tout unitaire avec les volumes articulés du centre sportif de 1996. L'entrée principale rue Ontario, sans changer de localisation, gagne en visibilité. En effet, la paroi de verre transparent où elle s'inscrit désormais, se prolonge tout au long de la nouvelle façade et va, sa hauteur s'amenuisant, jusqu'à la rue du Havre. L'angle aigu obtenu oriente le regard vers l'entrée ainsi magnifiée.

L'agrandissement propose un volume simple et diaphane. Il permet l'identification claire des entités mises en présence et le dialogue qu'elles entretiennent entre elles. Du côté extérieur, il reprend l'échelle des constructions avoisinantes. Il atteint sa hauteur maximale le long de la rue Ontario. De là, une géométrie variable incline doucement le toit pour le rendre compatible avec les constructions à deux ou trois étages de la rue du Havre; pour faire référence au toit courbé du gymnase; pour permettre au bloc gymnase un éclairage naturel et au jardin attenant, un ensoleillement maximum. Ce jardin linéaire et fonctionnel devient un axe de structuration des diverses composantes du site. L'enveloppe, dans sa partie supérieure et opaque adopte une tonalité pâle qui contribue à réduire les émissions de chaleur vers l'environnement.

L'idée des vagues, inspirée d'un tableau de David Hockney : Portrait of an artist

À l'intérieur comme à l'extérieur, une vague se développe sur le périmètre de l'édifice. Ses mouvements ascendants et descendants se suivent en deux ondulations continues. La première, transparente et haute vis à vis de l'entrée et de la salle de conditionnement reflue jusqu'au coin près duquel se situe le plongeoir pour y assurer une ambiance propice à la concentration. Puis la remontée du verre s'effectue en bordure de la rue du Havre jusqu'à la pataugeoire et redescend le long du jardin. Au dessus, la paroi de briques de la seconde ondulation épouse le parcours précédent, s'amenuisant ou s'augmentant à l'inverse de cette dernière. Il s'y dessine en outre le motif de vaguelettes et de reflets d'eau qui trouve son écho sur les plages de la piscine et de la pataugeoire.

De la matérialité

Le dialogue entre le nouveau bâtiment et l'ancien, entre le mouvement continu imprimé au volume récent et celui plus saccadé et morcelé de l'ancien se poursuit dans les propriétés des matériaux sélectionnés. Le verre teinté de gris s'harmonise avec les couleurs de la première construction. En même temps, il permet de deviner, depuis l'extérieur, les activités de l'intérieur et, à la fois, de préserver une certaine intimité aux usagers. Le ton laiteux de la paroi supérieure ainsi que ses reflets se retrouvent dans le matériau du toit pour assurer le prolongement de l'un à l'autre en contraste avec les nettes démarcations de l'édifice bâti il y a quatorze ans. 

Du développement durable,
projet en voie d'accréditation LEED 

Cette architecture prend d'abord en compte l'humain. Elle se révèle déférente à l'égard du passant qui se retrouve à longer une paroi chatoyante où se devine l'animation de l'intérieur, où l'entrée s'ouvre comme une invitation. Elle se révèle encore soucieuse du bien-être et de la santé de l'utilisateur qui bénéficie de la lumière naturelle, où le concept clair rend évidente la perception des lieux. Les procédés de construction, les systèmes mis en place, le recyclage de l'air et de l'eau visent à respecter les règles du développement durable. Toutes ces préoccupations viennent moduler un langage architectural au fait des les grands courants qui ont cours ici et dans le monde, sans perdre de vue la qualité de vie des utilisateurs.

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