Pavillon des Sœurs Grises

par Robert Magne, LM&a

Pavillon des Sœurs Grises de l'Université Concordia

Architecte : Robert Magne; de Lapointe, Magne et associés, Montréal (site web).
Architectes initiaux : Victor Bourgeau (1809-1888) – corps principal, et Joseph Venne (1858-1925) – aile sur la rue Saint-Mathieu.
Client : Université Concordia, Montréal (site web).
Endroit : 1200, rue Guy, arrondissement Ville-Marie, Montréal (plan).
Programme : Résidence étudiante de 355 places avec cafétéria et salles de détente, salle d'étude de 240 sièges, 14 salles d'étude pour petits groupes.
Année : 2014.

Les religieuses ayant déménagé au printemps 2013, l'ancienne maison-mère des Soeurs de la Charité de Montréal, couramment appelées les Sœurs Grises, était prête pour son réaménagement. L'Université Concordia, propriétaire des lieux depuis 2007, y avait déjà installé une résidence étudiante pour quelques centaines d'étudiants dans les espaces inutilisés par les Sœurs. Elle souhaitait maintenant agrandir ces résidences et faire de la chapelle une vaste salle d'étude.

L'architecte Robert Magne, de la firme Lapointe, Magne et associés, a été sélectionné pour faire plans et devis. Désigné lieu historique national par le gouvernement fédéral en 2012, le bâtiment présentait des contraintes importantes et était chargé d'histoire. La crypte, contenant quelques dizaines de sépultures, a dû être en partie bétonnée pour éviter qu'un malheureux – l'université était particulièrement préoccupée par les périodes d'initiation – ne soit en contact avec l'un des trois corps décédés de la variole.

La congrégation des Sœurs Grises est fondée en 1737 par Marguerite d'Youville, veuve de 29 ans et mère de deux enfants. Elle tient son surnom d'une allusion maligne au mari de Marguerite, dont on prétendait qu'il faisait la contrebande de l'eau-de-vie. En 1871, les religieuses quittent leur hôpital dans le Vieux-Montréal pour s'installer dans ce nouveau couvent, dessiné par l'architecte Victor Bourgeau, véritable protégé de Mgr Ignace Bourget qui a conçu plus de 250 édifices religieux au Québec.

C'est ce bâtiment que l'on a réaménagé. L'extérieur est conservé à l'identique alors que l'intérieur minimaliste met en valeur l'architecture du couvent. L'utilisation sporadique de touches de couleurs pures contribue à dynamiser et rajeunir l'espace. Le résultat en est un de sobriété et d'élégance. 

Voir aussi : la description du pavillon par l'Université Concordia, la page du projet sur le site web de l'architecte, et la fiche du bâtiment du Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal.